30 juillet 2007

Le ridicule ne tue pas!

Est ce vraiment ridicule d'être en pyjama à la gare de Leipzig à 7h du matin?

Est ce vraiment ridicule de se promener avec un caddie à 1h du matin seule sur une piste cyclable?

La réponse est bien évidemment OUI mais je peux quand même affirmer qu'on y survit! (gros travail sur soi-même).

Histoire 1: Vous vous rappellez ces mauvais rêves dans lesquels vous arrivez en pyjama et pantouffles à l'école ou au travail? Eh bien pour certaines personnes ils deviennent parfois réalité... Le départ du train d'Antoine était prévu à 7h11 et bien entendu nous avions Rendez-vous un peu avant à la gare. Seul problème je n'ai absolument pas entendu mon réveil et c'est par un coup de téléphone d'Isa que j'ai été brusquement détachée de mon joli rêve où je chantais un karaoké... Il ne me restait alors que 15 minutes avant que le train ne parte en direction de la France. Or personne ne l'aurait cru mais j'ai réussi à être là-bas à temps. Il faut savoir qu'à la normale je mets au moins 20 minutes en tram pour atteindre la gare centrale et que les trams ne passent pas toutes les 5 minutes à cette heure là.  Moi qui n'ose même pas sortir acheter des croissants sans être à peu près convenablement apprêtée j'ai pris mes jambes à mon cou et je suis partie en courrant de chez moi. Je tiens à préciser qu'au dessus de mon pantalon de pyjama j'ai  quand même enfilé un autre pantalon mais qui m'est resté en bas des fesses jusque la gare car dans certains moments de panique on oublie les choses essentielles... Ici c'était le bouton permettant au pantalon de tenir comme à la normale sur les hanches. J'ai vite trouvé un taxi, auquel j'ai expliqué que j'avais moins de 10 minutes pour arriver à mon but. On ne croit voir ca que dans les films d'amour où la promise doit absolument rejoindre son promis, on est tenu en halène mais en même temps on hoche de la tête en se disant que dans la réalité ca ne se passe jamais ainsi... Eh bien nous ne pourrons maintenant plus contester ces scènes que nous avions jugé grotesques puisque je l'ai bel et bien vécu! Mon taxi n'a malheureusement pas roulé à 100 à l'heure ( le conducteur étant d'un âge trés mûr et n'ayant pas grand attrait pour ce type d'extravagances) mais nous y sommes parvenus: j'étais sur le quais 10 deux minutes avant le moment fatidique, certes les cheveux ébouriffés, la culotte en bas des pieds, les yeux à demi ouverts, les tongs déchaussés... Vous voyez le tableau. Le principal c'est que j'ai pu dire aurevoir à un ami auquel je tiens énormément!

Histoire 2: 2 filles, 1 déménagement, 2 quartiers, plus de 10 cartons... Quelle solution ce petit problème peut-il bien avoir? Le caddie biensûr, plus comunément appellé "einkaufswagen" chez les Allemands, c'est-à-dire " voiture pour faire des achats". Nous lui avons donc trouvé une autre fonction: celle de voiture de déménagement... Je pose le premier cadre. De chez moi à chez Isa il y a plus de 20 minutes de bus. J'ai trouvé un supermarché dans le coin où un caddie était déjà détaché: c'était un signe du destin. J'ai alors pris seule le bus 60 avec mon engin de la honte. Les personnes du bus m'ont regardé d'un air plutôt dépité, se disant " la pauvre". Mais j'ai maintenu ma tête bien haute, après tout c'est comme avoir une poussette ou un vélo, n'est ce pas? Je suis arrivée en bas de chez Isa après 40000 "clac clac clac", bruit que fait un tel charriot sur les trottoirs non lisses de Leipzig. Ma chère Isa est trés conservatrice mais je ne pensais pas qu'on pouvait entasser autant d'affaires... C'était énorme, à tel point qu'il fallu aller chercher un autre copain à 4 roulettes... Une fois le chargement fait, nous les zézettes sommes parties avec nos deux charriots du tonnerre, blindés comme jamais pour prendre de nouveau le bus 60 jusqu'au nouvel appartement. Je vous laisse imaginer les scènes où nous avons du monter les deux engins dans le bus, puis les maintenir en équilibre... C'était assez folklorique!!! En tout il y a eu 4 trajets du style. Imaginez les conducteurs s'envoyant des messages de prévention: " Attention deux jeunes filles plutôt bizarre se trimballent avec des caddies contenant des objets d'une provenance douteuse..." Et comme ca ne me suffisait pas, j'ai proposé à Edu de faire son déménagement jusque chez moi de la même facon... "Eva experte en déménagement avec charriot de superette". Tout s'est bien passé mais fénéants comme nous sommes, nous avons laissé la chose dans ma cour et c'est ainsi qu'en rentrant chez moi tard le soir, je me suis dit qu'il ne fallait pas que ca traine plus longtemps de par ici et je l'ai ramené dormir dans sa maison... J'ai croisé quelques personnes qui avaient peut être un peu bu mais qui ont cru avoir carrément une hallucination... J'ai adoré leurs têtes, leur expressions. Bon il est vrai que ce n'est pas tous les jours ou plutôt toutes les nuits qu'on croise dans la rue une fille poussant tout naturellement son caddie... Oui ce n'est nromalement pas l'heure de faire ses courses...

Posté par Eva de Leipzig à 02:05 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Toutes tes petites péripéties nous ont vraiment manqué dans nos Vosges bien tranquilles... Profite bien de ces deux dernières semaines à Leipzig. Bises

    Posté par VInc', 30 juillet 2007 à 16:28
  • Et cet ami pour qui tu as bravé le monde, un chauffeur de taxi à l'âge trop mur, pour qui tu as couru, cet ami-là te remercie et a préféré s'engouffer bien vite dans le train, gagné qu'il était par l'émotion. Crois-moi Eva, c'est souvent avec l'élégance d'un pyjama froissé et d'une chevelure en battaille, qu'on se rend compte à quel point on a des amis qui comptent vraiment...

    Posté par twan, 30 juillet 2007 à 21:55
  • Erratum

    Mon français est encore hésitant et mon écriture plus encore. Pardonnez au vieux monsieur que je suis d'avoir oublié le "r" d'engouffrer et d'avoir écorché le mot bataille qui ne s'écrit bien sûr qu'avec un seul "t"...

    Posté par twan, 30 juillet 2007 à 21:58

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